La stratégie risquée de Renault pour l’avenir


Siège social de RenaultReconduit pour quelques années par son Conseil d’Administration, Carlos Ghosn peut souffler. L’épisode du « pseudo – espionnage » est désormais oublié. Place à la stratégie de groupe. Il y a urgence, car la marque au losange est en difficulté et le nouveau plan du Président n’est pas sans inquiéter certains actionnaires.

Pour le marché européen, plus mur, l’axe de la voiture électrique a été clairement défini. L’ordre établi étant d’innover dans tous les secteurs, Renault lancera toute une gamme de véhicules électriques d’ici 2012/2017. La gamme sera en parallèle des modèles thermiques. Pis, ses voitures sont construites en France (pour la plupart), mais la futur Clio 4,  sera majoritairement assemblée en Turquie.

La délocalisation massive de Renault est la deuxième phase du plan Ghosn. Les BRIC (Brésil- Russie – Inde et Chine) sont désormais la clé du futur de la marque française.

Si,  du côté Brésilien, le losange est bien implanté (environ 200.0000 voitures vendues), il reste loin derrière GM, FIAT et surtout VW qui dominent le marché locale. La Sandero (Renault là-bas – Dacia chez nous) a pour ambition de rivaliser avec les Palio et Gol spécialement construite pour le Brésil. L’avenir dira si ce sera un succès. Pour le moment, l’essentiel de la production se dirige vers l’occident.

Côté Russie, c’est plus flou. Au départ l’idée était de vendre des DACIA Logan (capable de rivaliser avec les LADA), mais cela a été un échec. Désormais, Renault vise la majorité du capital d’AUTOVAZ (LADA donc). Une opération qui coûtera plusieurs milliards d’euros. Une DACIA haut de gamme,  concurrente des GAZ locales, est prévue pour être construite à l’horizon 2014.

L’Inde est un marché encore très neuf pour la marque. Présente via sa LOGAN, elle a décidée de lancer un véhicule de 2500 euros environ pour concurrencer la TATA NANO.

La Chine est encore un terrain presque vierge. 75.000 voitures vendues seulement dans l’Empire du Milieu. La stratégie pour ce marché est encore floue, alors que son rival PSA vise 1 millions de voitures d’ici 2015.

Dans l’ensemble, Renault à une stratégie perçue comme « bas de gamme » mais présentée comme « permettant une démocratisation de la voiture ». En Europe, les véhicules électriques seront Low Cost,  pour être accessible par le plus grand nombre, sous le label Renault. Tandis que dans les pays émergents, la stratégie est aussi vers le bas de gammes,  pour rattraper le retard sur ses rivaux.

Une stratégie très risquée pour la marque française qui tente l’impossible en Europe et qui aura du mal à sortir de son image bas de gamme, entretenue depuis DACIA et qui commence à déteindre sur la marque au losange.

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