Le barème kilométrique fixé par l’administration fiscale change régulièrement, mais son application reste conditionnée à plusieurs critères précis, parfois méconnus. Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 % depuis 2021, alors que certaines catégories de trajets professionnels sont exclues du dispositif. L’employeur n’a aucune obligation de suivre le barème fiscal pour le remboursement, sauf engagement contractuel ou convention collective plus favorable.
Les modalités de calcul varient selon la puissance fiscale du véhicule et la distance parcourue. La demande de remboursement impose au salarié de fournir des justificatifs précis, sous peine de rejet. Les évolutions prévues pour 2025 et 2026 impacteront directement le montant des indemnités.
Indemnité kilométrique en France : à quoi sert-elle et qui peut en bénéficier ?
L’indemnité kilométrique n’est pas un simple chiffre perdu sur une fiche de paie ou une formalité à valider lors de la déclaration fiscale. Elle compense les frais professionnels supportés par un salarié qui utilise son véhicule personnel pour ses déplacements professionnels. Pas de place à l’approximation : seuls les trajets effectués réellement dans l’intérêt de l’entreprise déclenchent ce remboursement. Les allers-retours domicile-travail restent généralement en dehors du dispositif, sauf circonstances spécifiques, comme des horaires décalés ou des contraintes particulières liées au poste.
Le système concerne en priorité les salariés, mais ne s’arrête pas là. Les dirigeants assimilés salariés, les travailleurs indépendants soumis au régime des frais réels et certains agents publics peuvent aussi y accéder, à condition de répondre aux exigences fixées par l’administration fiscale. L’employeur peut choisir d’appliquer le barème indemnités kilométriques officiel publié chaque année ou négocier un forfait avec les représentants du personnel.
Qui cela concerne-t-il dans la réalité ? Toute personne amenée, pour les besoins de son activité, à se déplacer avec sa voiture, sa moto, son scooter ou même son vélo personnel. Le véhicule doit appartenir au bénéficiaire ou être loué à son nom, et son usage doit être principalement professionnel. Le remboursement se traduit alors par des sommes versées qui échappent à l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux cotisations sociales, dans la limite du barème réglementaire.
Voici les profils qui peuvent bénéficier de ce dispositif :
- Salariés utilisant leur véhicule personnel pour des missions confiées par l’entreprise
- Responsables ou cadres itinérants sans voiture de fonction
- Professionnels libéraux ou indépendants qui optent pour la déclaration de frais réels
Le choix du barème, la qualité des justificatifs fournis, la nature précise des déplacements : chaque détail pèse dans l’évaluation et l’acceptation d’une demande de remboursement d’indemnités kilométriques par l’employeur.
Comment fonctionne le calcul des frais kilométriques ? Explications simples et exemples concrets
Le calcul de l’indemnité kilométrique suit une logique claire : il s’agit de multiplier la distance effectivement parcourue pour des raisons professionnelles par un barème kilométrique officiel, actualisé chaque année par l’administration fiscale. Ce barème diffère selon le type de véhicule personnel, voiture, moto, scooter ou vélo, et tient compte de la puissance fiscale du véhicule, ainsi que, dans certains cas, de la motorisation électrique ou hybride.
Pour appliquer le barème kilométrique, il faut s’appuyer sur deux paramètres essentiels : la puissance fiscale de votre véhicule (exprimée en chevaux fiscaux) et le nombre précis de kilomètres parcourus sur l’année pour l’activité professionnelle. Par exemple, une voiture de 4 CV ne sera pas remboursée comme un modèle de 7 CV ou plus, et la tarification varie aussi entre moto, scooter et vélo.
Illustrons avec un cas concret : un salarié totalise 8 000 kilomètres professionnels dans l’année avec une voiture de 5 CV. Le barème 2024 prévoit 0,601 €/km pour cette catégorie. Résultat du calcul : 8 000 x 0,601 = 4 808 € remboursés, sur présentation des justificatifs. Si le véhicule est électrique, un bonus de 20 % s’ajoute automatiquement au montant obtenu.
Voici les points clés à retenir pour appliquer correctement le barème :
- Distance à prendre en compte : uniquement les trajets professionnels, hors domicile-travail (sauf exception liée au contrat ou aux horaires)
- Type de véhicule utilisé : impact direct sur le montant remboursé
- Puissance fiscale : élément de base pour le calcul
Le barème s’applique également aux deux-roues et aux vélos, avec des montants adaptés à chaque catégorie. Cette méthode forfaitaire évite d’avoir à compiler des justificatifs de carburant, d’entretien ou d’assurance, simplifiant la gestion pour tous. Elle garantit une indemnisation cohérente et transparente des frais professionnels.
Barèmes officiels 2025 et 2026 : ce qui change pour les voitures, deux-roues et vélos
Les barèmes kilométriques publiés par l’administration fiscale évoluent d’année en année, ajustant la prise en charge des frais liés aux déplacements professionnels. Pour 2025 et 2026, la priorité reste donnée à la mobilité durable et à l’ajustement aux coûts réels du transport, sans modification majeure de la structure générale des grilles.
Pour les voitures, le barème kilométrique continue à s’appuyer sur la puissance fiscale et la distance parcourue. Les véhicules électriques conservent leur bonus de 20 % sur le montant de base, encourageant ainsi l’adoption de l’électrique. Les véhicules hybrides restent alignés sur les modèles thermiques, sans avantage supplémentaire pour l’instant.
Du côté des deux-roues (motos, scooters), la grille pour 2025-2026 ne réserve pas de surprise : les tranches sont maintenues par cylindrée et les montants sont ajustés en fonction de l’évolution des prix du carburant et de l’entretien. Par ailleurs, le forfait mobilité durable peut toujours se cumuler avec les indemnités kilométriques pour les trajets effectués à vélo.
Pour les vélos, un barème spécifique est conservé, distinct de celui des autres véhicules. L’objectif affiché est d’encourager les déplacements doux, tant pour les salariés que pour les travailleurs indépendants. La revalorisation prévue pour 2025, modérée, vise à absorber la hausse des prix des équipements et de l’entretien. Le message est clair : accompagner les entreprises et leurs collaborateurs dans la transition vers des mobilités plus vertes.
| Type de véhicule | Mise à jour 2025-2026 |
|---|---|
| Voiture | Maintien du bonus électrique, ajustement selon la puissance fiscale |
| Moto/Scooter | Barème inchangé, adaptation à l’évolution des coûts |
| Vélo | Barème revalorisé, logique de soutien à la mobilité douce |
La révision annuelle du barème par l’administration fiscale permet d’ajuster les remboursements aux réalités économiques et environnementales du moment, tout en gardant un mode de calcul simple et lisible pour les entreprises et les salariés.
Remboursement, droits et démarches : conseils pratiques pour salariés et employeurs
Le remboursement des indemnités kilométriques encadre la prise en charge des frais professionnels liés à l’usage d’un véhicule personnel lors d’un déplacement professionnel. Pour les salariés, il est indispensable de bien distinguer les trajets domicile-travail des véritables déplacements professionnels : seuls ces derniers donnent droit à une indemnisation suivant le barème kilométrique. L’employeur s’appuie sur les barèmes officiels publiés chaque année pour calculer le montant à verser, sans obligation d’aller au-delà.
L’entreprise doit impérativement collecter des justificatifs détaillés : dates, lieux, distances exactes, motif de chaque déplacement. Le salarié doit faire preuve de rigueur lors de la déclaration, car une information erronée peut conduire à un redressement en cas de vérification. Pour les indépendants et professions libérales, les indemnités kilométriques s’intègrent dans les frais réels déclarés aux impôts.
Dans la mesure où le barème officiel est respecté, le remboursement n’est pas considéré comme un avantage en nature : il échappe donc aux cotisations sociales. Sur la fiche de paie, une ligne spécifique permet d’identifier rapidement la somme remboursée. En cas de cumul avec un forfait mobilité durable, il reste possible d’associer cette aide à un abonnement de transport, à condition de respecter la cohérence entre l’utilisation du véhicule et le dispositif déclaré.
Quelques conseils pour sécuriser la gestion des indemnités :
- Salariés : transmettez vos relevés de déplacements dans les délais fixés par votre entreprise.
- Employeurs : veillez à conserver tous les justificatifs au moins trois ans, pour faire face à un éventuel contrôle fiscal ou URSSAF.
Appliquer correctement le remboursement kilométrique, c’est garantir la sérénité des salariés comme celle des employeurs. Rigueur documentaire, process clair, traçabilité sans faille : tout se joue dans la précision. Un détail négligé, et c’est tout le dispositif qui peut vaciller.


