Les conducteurs de VTC occupent désormais une place imposante dans le paysage urbain. Pourtant, les taxis tiennent bon, bien décidés à ne pas se laisser éclipser. Prendre un taxi reste une option accessible et réglementée. Vous trouverez ici un éclairage sur chaque étape à connaître pour y voir plus clair.
Chauffeur de taxi : par où commencer ?
Avec l’arrivée des VTC sur le territoire français, le métier de taxi a connu de profondes mutations. Les professionnels du secteur ont dû s’adapter, intégrant des outils numériques et de nouvelles habitudes de réservation. La loi Thévenoud a rééquilibré les règles du jeu, mettant taxis et VTC sur un pied d’égalité réglementaire. Vous envisagez de vous lancer ? Voici les exigences à anticiper pour devenir chauffeur de taxi : démarches, conditions à respecter, obtention de la carte professionnelle… Décryptage.
Conditions à remplir pour exercer comme chauffeur de taxi
Le métier de taxi n’est pas accessible à tous : il implique le respect de règles précises et une vérification rigoureuse des profils. Avant d’aller plus loin, assurez-vous de remplir chaque critère suivant :
- Posséder un casier judiciaire vierge (bulletin n°2 sans condamnation)
- Détenir un permis de conduire catégorie B
- Disposer d’un certificat de formation aux premiers secours (PSC1), obtenu depuis moins de deux ans
- Avoir passé une visite médicale validée par un médecin agréé
Une fois ces conditions réunies, la voie s’ouvre pour engager les démarches et viser la carte professionnelle de taxi.
Obtenir la carte professionnelle de taxi : mode d’emploi
Aucun conducteur ne peut exercer sans cette carte. Son obtention passe par un examen spécifique, le certificat de capacité professionnelle. Organisé par la préfecture, il nécessite une inscription préalable (en ligne ou sur place). Après réussite, la délivrance de la carte de taxi professionnel intervient dans un délai de trois mois. Ce précieux sésame vous autorise à exercer.
Mais ce n’est pas tout. Un stage de formation obligatoire, dispensé dans un centre agréé, doit également être suivi. Cette formation devra être renouvelée tous les cinq ans pour conserver la validité de la carte.
En parallèle, il vous faudra décrocher le fameux permis de taxi, aussi appelé ADS (autorisation de stationnement). Sans ce titre, impossible de prendre des clients.
La formation des chauffeurs de taxi
Impossible d’y couper : la formation est obligatoire et structurante. Elle balaye l’ensemble des connaissances nécessaires, des règles de conduite à la gestion administrative. Voici les thématiques abordées durant ce stage :
- Sécurité routière et prévention
- Réglementation des transports publics
- Gestion d’entreprise
- Maîtrise de la langue française
- Notions d’anglais
Après la partie théorique, place à la pratique. Un examen en conditions réelles permet d’évaluer :
- Le comportement du conducteur
- La sécurité offerte aux passagers
- La qualité générale du service
La réussite à ce test requiert un minimum de 12/20. Beaucoup choisissent de compléter leur préparation grâce à des centres spécialisés, présents dans toutes les régions. Libre à chacun de suivre la formation en candidat libre ou accompagné.
Durée et coût de la formation taxi
Comptez généralement entre 200 et 400 heures de formation, à répartir sur trois à six mois. Côté budget, il faut prévoir en moyenne 2 000 € pour une formation complète.
Licence de taxi : comment l’obtenir ?
Deux alternatives se présentent pour obtenir le précieux sésame :
- Louer une licence : le conducteur travaille alors pour un exploitant, avec le statut de salarié.
- Acquérir sa propre licence : le chauffeur devient propriétaire de son ADS, soit en l’achetant à un ancien professionnel (pour les licences délivrées avant octobre 2014), soit en la demandant auprès de la mairie.
Quel tarif pour une licence de taxi ?
La demande administrative de licence est gratuite, mais les délais sont souvent interminables, parfois jusqu’à 15 ans dans les grandes villes, la préfecture fixant le quota de licences. Acheter une licence auprès d’un autre chauffeur reste donc courant, avec des prix fixés selon l’offre et la demande. Ce marché reste tendu : malgré la concurrence des VTC, les tarifs des licences demeurent élevés, faute de renouvellement massif.
Exercer comme salarié : le taxi employé
En travaillant pour une compagnie, le véhicule reste immatriculé au nom de l’entreprise. Vous bénéficiez du statut de salarié, avec l’ensemble des droits sociaux associés. Pour devenir taxi employé, il suffit de décrocher un poste dans une société de taxis.
Choisir l’indépendance : taxi à son compte
Certains optent pour le statut d’indépendant. Deux voies s’offrent alors à eux. Première option : acheter une licence à un professionnel sur le départ (licence transmissible uniquement si elle date d’avant octobre 2014). Deuxième option : déposer une demande auprès de la mairie, mais la procédure peut s’étirer sur plusieurs mois, voire des années. Ce choix implique réflexion et patience.
Rémunération d’un chauffeur de taxi
Impossible de donner un chiffre unique tant les revenus varient selon la localité, les horaires, le type de courses et les pourboires. À titre indicatif, un salarié touche en moyenne 1 650 € mensuels, tandis qu’un indépendant peut voir ses revenus grimper à 3 000 € par mois, selon l’activité et la régularité des courses.
Quel statut juridique pour le taxi indépendant ?
En dehors du salariat, exercer en indépendant suppose de choisir une structure juridique. Plusieurs solutions existent, mais certaines sont privilégiées par la profession. L’auto-entreprise séduit par sa simplicité, mais beaucoup préfèrent créer une EURL ou une SASU, mieux adaptées à la gestion d’une activité de taxi.
Taxi et EURL : Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée
L’EURL permet de lancer son activité seul, sans associé. La responsabilité du dirigeant se limite au montant de ses apports. Le choix du régime fiscal (impôt sur les sociétés ou sur le revenu) reste à la main du créateur. Le capital social est défini librement, pouvant être constitué d’apports en numéraire, en nature ou en industrie. Ce statut implique une affiliation au régime de la sécurité sociale des indépendants.
Taxi et SASU : Société par actions simplifiée unipersonnelle
La SASU permet également de se lancer en solo. La responsabilité est limitée aux apports. Son président dépend du régime général de la sécurité sociale, bénéficiant ainsi d’une protection équivalente à celle d’un salarié classique.
À chacun de choisir la structure qui colle le mieux à ses ambitions et à sa vision du métier. Lancer son activité n’a jamais été aussi accessible, la procédure s’effectue désormais facilement en ligne. Le taxi demeure une voie exigeante, mais pour qui aime la route, c’est un nouveau départ qui commence derrière le volant, au cœur de la ville.



