Tout le monde n’a pas grandi en rêvant d’une Ferrari rouge ou d’une Lamborghini tapageuse. Au fil des années, une autre légende s’est glissée dans l’imaginaire des amateurs de vitesse : la Nissan GT-R. Pour toute une génération bercée de jeux vidéo et de mangas, la GT-R s’est hissée au rang de mythe, côtoyant sans complexe les reines européennes du bitume. On pense à ces parties de Playstation où, manette en main, on prenait le volant d’une japonaise inconnue du grand public et l’on mettait K.O. les Porsche ou Ferrari. La Honda NSX et la Mitsubishi GT3000 étaient les héroïnes d’hier, mais aujourd’hui, la GT-R incarne ce rêve devenu réalité.
Cette machine n’a pas jailli du néant. Elle descend tout droit de la lignée des Skyline, véritable fierté de Nissan et rivale locale des BMW. Si le nom Skyline s’est effacé, ces modèles étaient des vitrines technologiques pour le constructeur japonais, surtout après la disparition de la 300Z à la fin des années 90. La GT-R reprend la recette de la Mitsubishi GT3000, imaginée vingt ans plus tôt : créer un monstre d’ingéniosité, deux fois moins cher que les sportives allemandes ou italiennes, et capable de rivaliser avec une Ferrari V8 sur la fiche technique. La première GT-R affichait déjà 485 ch, l’équivalent d’une Ferrari 490 de son époque. Mais l’Italie n’a pas tardé à riposter avec la 458 Italia et ses 570 chevaux.
Nissan n’a pas baissé les bras. La GT-R a continué de pousser ses limites, atteignant aujourd’hui les 550 ch. Mais la marque ne compte pas s’arrêter là. Les ingénieurs, épaulés par le marketing, ont noué un partenariat avec l’équipe de Formule 1 Williams. Leur ambition ? Concevoir la GT-R la plus affûtée jamais produite. Alléger la bête de 100 à 150 kg, grimper à 600 ch minimum, le même niveau que la version Nismo (fruit, elle aussi, d’une collaboration avec Williams), prévue pour 2014. Côté design, Nissan ne cherche pas la rupture mais l’évolution, préférant rassurer les fidèles de la génération actuelle avec des lignes familières.
L’ascension de la Nissan GT-R bouleverse les codes. D’un côté, les marques premium cultivent l’exclusivité et la performance. De l’autre, Nissan, constructeur généraliste, bouscule ce cercle fermé avec une sportive qui n’a rien à envier aux meilleures. Et ce vent de fraîcheur ne passe pas inaperçu. Toyota planche sur une nouvelle Supra, Honda prépare le grand retour de la NSX pour 2015. En réalité, Nissan surfe sur la vague des Muscle Cars. Ford, Dodge, Chevrolet ont relancé la course avec de nouvelles Mustang, Challenger, Camaro, et les Japonais flairent le bon filon : il est temps de remettre au goût du jour les icônes des années 90. Mais la cible a changé. Plus question de viser Porsche et sa 944. Désormais, il s’agit de réinventer la Muscle Car façon japonaise.
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La GT-R n’a pas seulement conquis les circuits et les écrans : elle a déplacé les repères, ouvert la porte à une nouvelle ère pour les sportives japonaises, et rappelé que l’audace ne s’achète pas, elle se construit. Reste à voir quelles légendes naîtront du prochain virage.

