Marque de moto la plus volée en 2025 : statistiques et enquête sur le vol de véhicules

Marque de moto la plus volée en 2025 : statistiques et enquête sur le vol de véhicules

68 %. C’est la proportion stupéfiante de vols de deux-roues motorisés qui, en 2024, se concentrait sur un groupe restreint de marques, selon le ministère de l’Intérieur. Yamaha, Honda et Piaggio accaparent près de la moitié des déclarations pour vols ou effractions. Ce fléau ne recule pas, il s’étend même : une hausse de 9 % des vols en un an, tandis que le nombre de motos et scooters en circulation n’a crû que de 2 %. Côté assureurs, les mentalités changent aussi : désormais, les voleurs s’intéressent principalement aux modèles urbains et électriques, prisés pour leur discrétion et leur capacité à se fondre dans la masse après le vol.

Le vol de motos et scooters en 2024 : un phénomène toujours préoccupant

Les chiffres sont clairs et implacables : environ 48 000 deux-roues volés en France en 2024. Pour les motards comme pour les scootéristes, la menace est constante, et la tendance ne montre aucun signe de faiblesse. Un deux-roues dérobé, ce n’est jamais un simple objet qui disparaît. Chaque année, 43 motos sur 1 000 sont volées, quand les voitures affichent seulement 2,5 vols sur 1 000. Chez les scooters, le taux explose à 52 sur 1 000. Même les conducteurs aguerris peuvent légitimement s’en alarmer.

La répartition du phénomène varie fortement selon les territoires. L’Île-de-France regroupe à elle seule 59 % des vols de motos. Derrière elle, la région PACA puis Auvergne-Rhône-Alpes composent le trio de tête. Paris détient la palme de l’insécurité, avec Marseille et Lyon en embuscade. Mais les réseaux ne se limitent plus aux grandes métropoles : les Pays de la Loire, la Bretagne, ou le Centre-Val de Loire voient l’épidémie s’étendre.

Sur le terrain, le vol par enlèvement reste la règle. L’essor du démarrage sans clé et la généralisation d’outillages électroniques donnent un avantage aux bandes organisées. Les cibles sont souvent repérées en amont, parfois sur demande expresse. Pour compléter le tableau, un palmarès annuel distingue les modèles les plus visés, disséqué par tous les professionnels. Un indicateur cinglant ressort : seulement 27 % des motos volées sont retrouvées, bien loin des voitures (40 %). Pendant ce temps, la note grimpe : +40 % sur le coût moyen du sinistre en seulement quatre ans, selon les assureurs.

Quelles sont les marques les plus ciblées par les voleurs cette année ?

Les résultats du classement des motos les plus volées en 2025 n’apportent pas de rupture. BMW se pose en favorite chez les grosses cylindrées. La BMW R1250GS, véritable mythe moderne, reste la proie numéro un, suivie de très près par la R1250GSA et la R1250RT. Les modèles sportifs, à l’instar de la S1000RR, intéressent aussi fortement les réseaux bien structurés. Rien d’étonnant : ces motos alimentent un trafic parallèle qui ne s’est jamais aussi bien porté.

Les scooters n’échappent pas à la règle. Yamaha domine outrageusement. Le TMAX 530/560 accumule encore le plus grand nombre de sinistres, symbole de l’agilité urbaine et valeur reconnue sur le marché noir. Les X-MAX 125 et 300, appréciés pour leur polyvalence, ne sont pas épargnés. Honda complète ce trio en force : le PCX 125 continue d’attirer l’attention des fauteurs de trouble, tout comme le X-ADV 750 et le Forza 125. Les 125 cm³ sont en première ligne, victimes de leur immense succès, notamment chez les jeunes et les livreurs urbains.

Pour dresser un panorama rapide des principales cibles cette année, voici les modèles qui reviennent le plus fréquemment dans les statistiques :

  • BMW R1250GS : moto la plus volée
  • Yamaha TMAX 530/560 : scooter le plus ciblé
  • Honda PCX 125, Yamaha X-MAX, Piaggio Liberty : régulièrement présents sur les listes de sinistres

Les modèles les plus affectés incarnent les rouages du « marché gris » : forte demande, pièces qui s’arrachent en un clin d’œil, revente aisée en France comme à l’étranger. Les criminels observent les nouveautés, calculent la rentabilité, et modifient très vite leurs priorités selon l’évolution du parc roulant.

Pourquoi certaines motos attirent-elles davantage les voleurs ?

La sélection des voleurs n’a rien d’hasardeux. Leur calcul : cibler en priorité les modèles les plus diffusés, synonymes de revente rapide et de débouchés garantis. La BMW R1250GS, la Yamaha Tracer 7, le Yamaha TMAX 530/560, tous sont convoyés dans la clandestinité sans attendre. Leur succès sur le marché se traduit immédiatement par un appétit accru des réseaux, qui se jettent sur leurs pièces détachées rapidement monnayables.

Les chiffres montrent une réalité brutale : la valeur résiduelle des motos haut de gamme reste très élevée, que l’engin soit revendu entier ou en pièces. Quant aux scooters très répandus, comme le TMAX ou le Honda PCX, ils offrent à la fois discrétion et maniabilité lors des déplacements post-vol. Pour ceux qui organisent ces trafics, chaque heure compte : toute moto recherchée disparaît puis « ressurgit » ailleurs, parfois à des centaines de kilomètres.

Chez les plus jeunes usagers aussi, la pression est permanente. Les motos et scooters adoptés par les nouveaux conducteurs ou les livreurs, PCX 125, Yamaha X-MAX, restent d’autant plus convoités. Plus le succès d’un modèle grandit, plus il devient tentant pour les bandes organisées. Au fil des mois, ce ballet d’adaptations ne cesse, dopé par la revente ou le démontage express pour alimenter un marché incertain.

Femme discutant avec un agent de police à côté d

Protéger efficacement son deux-roues : conseils concrets et astuces qui font la différence

Multipliez les obstacles, découragez les voleurs

Un taux de 43 motos et 52 scooters volés sur 1 000 chaque année impose un constat : la vigilance isolée ne suffit plus. Toutes les régions sont aujourd’hui concernées, même si l’Île-de-France se détache. Pour réduire le risque, la combinaison d’équipements mécaniques et électroniques reste le réflexe le plus fiable. Voici les moyens à privilégier pour détourner les voleurs :

  • Utiliser un antivol homologué SRA (chaîne ou U robuste) solidement fixé à un point inamovible : barrière, poteau ou ancrage bétonné.
  • Compléter la protection par un bloque-disque avec alarme, très utile pour les arrêts courts grâce à son effet dissuasif et sonore.
  • Installer un traceur GPS, solution qui augmente nettement les chances de localisation en cas de disparition et qui allège parfois la franchise en assurance.

Marquer son véhicule, une parade efficace

Le marquage, via un système comme Datatag ou grâce à la gravure, séduit chaque année plus de conducteurs soucieux de défendre leur investissement. C’est un frein puissant à la revente pour les trafiquants. Certaines compagnies d’assurance prennent ce paramètre en compte pour ajuster aussi bien les garanties que les tarifs.

Stationner astucieusement, penser à sa couverture

Stationner dans un parking fermé ou sous surveillance vidéo réduit sensiblement le risque de vol. La majorité des enlèvements survient sur la voie publique, souvent en quelques minutes à peine. Selon la nature de la protection choisie (antivol homologué, marquage…), l’assurance adapte ses conditions et sa franchise. Sans barrière suffisante, le coût grimpe, et la prise en charge s’amenuise aussi vite qu’un deux-roues dérobé.

À mesure que les techniques des voleurs se perfectionnent, chaque détail peut faire la différence. Mieux vaut affûter sa vigilance et multiplier les précautions que de compter sur la chance. Ceux qui tirent leur épingle du jeu, ce sont toujours ceux qui n’ont rien laissé au hasard.